Dans le sport comme dans la vie professionnelle, l'expression revient souvent : « Ce qui compte, c'est le bon état d'esprit. » Et c'est vrai !
Après une victoire : il avait le bon état d'esprit.
Grosse contre-performance : elle n'était pas dans le bon état d'esprit.
Mais qu'est-ce qu'un état d'esprit ? D'où vient-il ? Et surtout, peut-on réellement le travailler ?
Pour répondre à ces questions, je propose d'abord de distinguer plusieurs notions que l'on confond facilement : le corps, le cerveau, le mental et l'esprit.
Du corps à l'esprit
Le corps est l'ensemble de notre organisme physique. Dans le sport, il est évidemment au cœur de la performance : force, endurance, vitesse, coordination, récupération…
Le cerveau est un organe du corps. Il traite l'information et participe notamment aux pensées, aux émotions, aux perceptions, à la mémoire et à la prise de décision.
Le mental désigne l'ensemble de nos pensées, représentations, croyances, émotions et processus psychiques. Contrairement au cerveau, le mental n'est donc pas un organe.
L'esprit est un terme plus ambigu. Dans son acception psychologique, celle qui nous intéresse ici, il peut désigner le mental, la conscience et nos facultés intellectuelles.
Et nous arrivons alors à une expression que nous employons constamment : l'état d'esprit.
Qu'est-ce que l'état d'esprit ?
L'état d'esprit est la disposition mentale dans laquelle nous nous trouvons face à une situation. Deux sportifs possédant des qualités physiques et techniques comparables peuvent ainsi aborder une même compétition avec des états d'esprit radicalement différents.
Le terrain est le même. L'adversaire est le même. L'enjeu est le même. Mais l'état d'esprit ne l'est pas. Et cet état d'esprit influence la manière dont chacun va percevoir les événements, gérer ses émotions, prendre ses décisions et agir.
Très important : l'état d'esprit vient aussi de l'état de notre esprit
On peut alors jouer volontairement avec les mots. Notre état d'esprit dépend en partie de l'état de notre esprit.
Exemple : si mon mental est encombré par le doute, si ma confiance est fragilisée, si mes émotions prennent toute la place ou si mon attention se fixe constamment sur ce qui pourrait mal se passer, mon état d'esprit en sera nécessairement influencé.
À l'inverse, si j'ai appris à orienter mon attention, à identifier mes pensées parasites, à gérer mes émotions et à construire ma confiance, je crée des conditions mentales différentes.
L'état d'esprit n'est donc pas seulement quelque chose que l'on possède.
Il est clairement aussi la conséquence de ce que l'on entretient mentalement.
Le cercle vicieux de l'état d'esprit
Prenons un sportif qui doute de ses capacités avant une compétition. Il pense qu'il risque d'échouer. Cette pensée peut augmenter son appréhension. Son attention se porte davantage sur ses erreurs. Il hésite davantage dans ses décisions et sa performance peut se dégrader.
Et le résultat vient finalement confirmer sa croyance initiale : « Je savais que je n'étais pas capable de le faire. » Le résultat nourrit alors la pensée qui avait participé à produire le comportement. La boucle est bouclée :
Pensées → Émotions → Comportements → Résultats → Nouvelles Pensées.
C'est un cercle vicieux mental. Et plus il se répète, plus certaines croyances peuvent se renforcer.
Transformer le cercle vicieux en cercle vertueux
Le même mécanisme peut heureusement fonctionner dans l'autre sens.
À l'inverse, lorsqu'un sportif apprend à mieux identifier ce qu'il contrôle, à orienter son attention vers son action, à mieux gérer ses émotions et à construire progressivement sa confiance, il n'aborde plus nécessairement la situation de la même manière. Son état d'esprit évolue. Il agit différemment. Ces comportements produisent de nouvelles expériences. Et ces expériences peuvent à leur tour renforcer sa confiance.
Nous obtenons alors :
Travail mental → État d'esprit → Comportement → Expérience → Confiance → Renforcement de l'état d'esprit.
Le cercle peut donc devenir vertueux.
Cela ne signifie évidemment pas qu'il suffit de « penser positif » pour réussir. La préparation mentale n'a pas pour fonction de convaincre artificiellement un sportif que tout va bien. Elle consiste notamment à lui permettre de comprendre son propre fonctionnement mental et à développer les habiletés qui lui permettront d'agir plus efficacement lorsqu'il sera confronté à l'enjeu.
Peut-on travailler son état d'esprit ?
Oui, précisément parce que l'état d'esprit n'est pas isolé du reste de notre fonctionnement mental.
On peut notamment travailler :
- la confiance en soi ;
- la gestion des émotions ;
- la concentration ;
- le dialogue interne ;
- les croyances ;
- la motivation ;
- la capacité à se recentrer ;
- la peur de l'erreur et de l'échec ;
- le développement de son potentiel.
Ce sont autant d'éléments susceptibles de modifier progressivement l'état de notre esprit et, par conséquent, notre état d'esprit. Et c'est naturellement le rôle de la préparation mentale.
Comme l'entraînement physique transforme progressivement les capacités du corps, l'entraînement mental permet de développer les habiletés mentales nécessaires à la performance.
Le bon état d'esprit n'arrive pas par hasard
Avoir le bon état d'esprit n'est donc pas seulement une condition de la performance. Cela peut aussi être le résultat d'un travail.
Et c'est précisément tout l'enjeu de la préparation mentale.
Prêt à faire évoluer votre état d'esprit ?