Vous arrive-t-il de douter de vous malgré les faits ? De rester bloqué sur une erreur alors que vous avez réussi tout le reste ? De mal interpréter une situation sous stress ? De vous persuader que vous allez échouer avant même d’avoir essayé ?
Dans le sport, ces mécanismes peuvent avoir des conséquences très concrètes sur la confiance, la concentration, les émotions, la prise de décision et, finalement, la performance. Derrière certains de ces pièges du mental se trouvent ce que l’on appelle les biais cognitifs.
Qu’est-ce qu’un biais cognitif ?
Un biais cognitif est un mécanisme mental automatique qui influence notre manière d’interpréter une information, une situation ou une expérience et peut ainsi modifier notre jugement ou nos décisions.
On peut les considérer comme des raccourcis du cerveau, des automatismes du mental ou, dans certaines situations, des erreurs de perception. Notre cerveau traite en permanence une quantité considérable d’informations. Pour aller plus vite, il utilise des raccourcis. Ces mécanismes sont naturels et souvent utiles.
Mais ils peuvent aussi devenir de véritables pièges de la pensée : nous faire accorder davantage d’importance à une erreur qu’à dix réussites, rechercher ce qui confirme ce que l’on pense déjà ou considérer comme évidente une conclusion qui ne correspond pas nécessairement aux faits.
Ce que l’on pense n’est pas toujours ce qui est.
Et lorsque l’enjeu, le stress ou les émotions augmentent, certaines interprétations peuvent prendre une place considérable dans notre manière d’agir.
Pourquoi notre mental nous joue-t-il parfois des tours ?
Certaines phrases reviennent régulièrement chez les sportifs :
« Je rate toujours les moments importants. »
« Je savais que j’allais perdre. »
« Je ne suis pas assez bon. »
« Dès que je fais une erreur, mon match est foutu. »
« Cet adversaire est beaucoup plus fort que moi. »
Pour celui qui les pense, ces affirmations peuvent sembler parfaitement logiques. Pourtant, une pensée n’est pas nécessairement un fait. Elle peut être influencée par une expérience récente, une émotion, une croyance, une mauvaise expérience passée ou certains biais cognitifs.
C’est notamment pour cette raison que deux sportifs confrontés exactement à la même situation peuvent l’interpréter de manière totalement différente… et adopter ensuite des comportements très différents.
Quels biais cognitifs peut-on rencontrer dans le sport ?
Biais de négativité, biais de confirmation, biais d’ancrage, biais de disponibilité… Certains mécanismes reviennent régulièrement et peuvent influencer la manière dont un sportif interprète une erreur, un adversaire, une contre-performance ou même son propre niveau.
Quels sont ces principaux biais et comment peuvent-ils se manifester concrètement dans le sport ?
→ En savoir plus : découvrir les principaux biais cognitifs dans le sport
Biais cognitifs, doute et autosabotage dans le sport
Pourquoi est-ce que je doute alors que je suis prêt ?
Pourquoi est-ce que je reste bloqué sur une erreur ?
Pourquoi est-ce que je pense toujours au pire avant une compétition ?
Pourquoi est-ce que je perds mes moyens lorsque l’enjeu augmente ?
Pourquoi ai-je parfois l’impression de m’autosaboter ?
Il n’existe évidemment pas une réponse unique à ces questions et tout blocage mental ne s’explique pas par un biais cognitif. Mais certains biais peuvent participer à ces mécanismes.
Un sportif peut, par exemple, être convaincu qu’il perd ses moyens lorsqu’il mène. Chaque situation confirmant cette croyance prendra alors une importance considérable, tandis que les situations dans lesquelles il a parfaitement conclu passeront presque inaperçues.
La croyance influence alors progressivement la confiance, les émotions, les décisions et parfois le comportement lui-même. Ces mécanismes peuvent notamment intervenir dans certains blocages liés à la peur de perdre ou à la peur de gagner.
Doute, suranalyse, pensées négatives : quand faut-il s’interroger ?
Douter, anticiper ou analyser une situation n’est évidemment pas un problème en soi. Cela le devient davantage lorsque certaines pensées reviennent systématiquement et commencent à modifier votre manière d’agir :
- vous pensez davantage à ce qui pourrait mal se passer qu’à ce que vous devez faire ;
- une erreur occupe mentalement beaucoup plus de place que vos réussites ;
- vous tirez des conclusions générales à partir d’une seule expérience ;
- vous interprétez certaines situations sans réellement vérifier les faits ;
- vous cherchez involontairement ce qui confirme vos doutes ;
- vous analysez tellement la situation que vous n’arrivez plus à agir naturellement ;
- vous reproduisez certains comportements alors même que vous savez qu’ils ne vous aident pas.
Le problème n’est alors pas nécessairement ce qui se passe. Il peut aussi se situer dans la manière dont vous interprétez ce qui se passe.
Comment je travaille sur ces mécanismes en préparation mentale
Identifier un biais cognitif n’est pas une fin en soi. Dans mon travail de préparateur mental, ce qui m’intéresse surtout est de comprendre ce que votre interprétation d’une situation produit concrètement chez vous.
Une perte de confiance ? Une hésitation ? Une réaction émotionnelle ? Une mauvaise décision ? Une modification de votre comportement ? Une difficulté à retrouver votre jeu ?
Nous pouvons alors travailler ensemble sur trois éléments essentiels.
1/ Les faits
Qu’est-ce qui s’est réellement passé ?
Il s’agit de revenir autant que possible à des éléments observables, sans leur ajouter immédiatement une interprétation.
2/ L’interprétation
Qu’avez-vous pensé ou conclu à partir de cette situation ?
C’est souvent ici que peuvent intervenir croyances, raccourcis mentaux, anticipations ou biais cognitifs.
3/ La réaction
Qu’est-ce que cette interprétation a provoqué dans vos émotions, vos décisions ou votre comportement ?
Une même situation peut produire des réactions très différentes selon la manière dont elle est interprétée.
Distinguer les faits, leur interprétation et les réactions qu’ils provoquent permet souvent de prendre du recul sur certaines fausses évidences et sur les scénarios que l’on finit parfois par se raconter.
Selon votre fonctionnement et la situation rencontrée, nous pouvons ensuite travailler sur :
- la gestion de la pression et des émotions ;
- la confiance en soi ;
- la concentration ;
- le dialogue interne ;
- les croyances ;
- le lâcher-prise ;
- la visualisation ;
- les routines mentales.
Mon objectif n’est pas de vous apprendre à « penser positif » ni de remplacer systématiquement une pensée négative par une pensée positive. Il est de vous aider à identifier ce qui influence votre perception, retrouver une lecture plus juste de la situation et construire des réponses mentales plus adaptées à ce que vous voulez réellement faire.
Votre mental vous joue parfois des tours ?
Si vous avez le sentiment que certains doutes, pensées ou automatismes vous empêchent d’exprimer pleinement vos capacités, nous pouvons travailler ensemble pour comprendre ce qui se joue et construire des réponses adaptées à votre fonctionnement.